Je m’installe devant le bureau du professeur, toute seule. Tant mieux, je serai donc tranquille.
En levant la tête, je remarque que le garçon que j’ai croisé tout à l’heure se tient debout près du bureau.
Je ne pense pas être profondément débile ni excessivement intelligente. Néanmoins, parfois je penche ENORMEMENT pour la débilité. Par exemple, j’accorde souvent à un évènement d’une importance minime une considération toute particulière alors qu’il n’en est rien. Enfin, je me comprends. Il suffit que je doive simplement tenir une conversation avec quelqu’un pour en avoir des sueurs froides. Mais, je ne le montre pas et pire encore, je fais en sorte qu’on voit en moi une fille aguicheuse sans aucune personnalité et qui n’a qu’un désir en tête : sortir et faire la fête. Forcément, je n’attire donc que les gens qui me jugent comme celle avec qui on sort une fois, deux fois au mieux et dans l’unique but de flirter.
Bon, il faut dire que l’âge joue considérablement.
Mais malgré tout, j’aimerais qu’on me voit vraiment pour ce que je suis et non pour l’image que je renvoie de moi. Mais comment puis-je en demander autant des autres quand moi-même je ne suis manifestement pas prête à sortir de ce rôle qui a pris beaucoup trop de place dans ma vie ?
« Tu veux peut-être rajouter quelque chose…ton prénom s’il te plaît ?
« L’étudiant/prof qui tutoie ses élèves » vient de m’interrompre…
- Carrie et non, je n'ai rien à ajouter.
- Bien.
Il s'arrête un long moment et reprend :
- Je tiens à préciser que je donne des cours de soutien pour les élèves qui en ont besoin. Si ça intéresse l'un d'entre vous, venez me voir à la fin de l'heure."
Et c’est à ce moment précis que la sonnerie retentit. Hum…
C’est d’ailleurs aussi à ce moment précis que la plupart des filles de la classe se dirigent vers « l’étudiant/prof qui tutoie ses élèves » pour s’inscrire aux cours de soutien. Etrange, aucun garçon ne s’y est présenté…